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Être bénévole

Depuis aussi longtemps que je me souvienne, j'ai toujours eu l'envie de devenir bénévole pour une association. De mes yeux de jeune fille, je voyais les bénévoles comme des super-héros, des gens qui se dévouent corps et âmes pour venir en aide aux autres et cela me fascinait.


En grandissant cette envie était toujours présente en moi, comme une pulsion, une envie profonde. J'ai commencé à me renseigner auprès des associations les plus connus comme les resto du cœur, la SPA ou encore le secours populaire.

Et à ce moment là, quand j'avais enfin la possibilité de réaliser ce rêve de petite fille, je me suis heurter à quelque chose de bien plus grand. Être bénévole dans une association c'est aller au contact des gens, c'est faire quelque chose de ses mains, et c'était tout ce dont je n'étais pas capable. Il était tout simplement insurmontable pour moi de rencontrer des inconnus, de partager avec eux ou de prendre des initiatives. Être au contact des autres, me confortait dans l'idée que je ne valais rien. Je n'a


vais pas la prestance de celle-ci, je ne parlais pas aussi bien que celui-là, je ne savais pas emballer les papiers cadeaux aussi bien que celui ci...


Avec le recul, ce qui était impossible pour moi à l'époque, c'était tout simplement de montrer que j'existais. C'est fort, c'est dur à écrire, et j'ai mal pour cette jeune Morgane qui a raté tellement en ne s'autorisant pas à exister. Mais j'ai compris aujourd'hui que c'était bien plus profond qu'un simple manque de confiance en soi, qu'une simple timidité. Je ne m'autorisais tout simplement pas à ÊTRE.


Il y a quelques mois, j'ai enfin pu réaliser mon rêve de petite fille. J'ai osé devenir bénévole.

Est-ce que je me sens telle une super-héroïne ?


Nope. Mais je ressens une telle fierté!

La petite fille en moi est heureuse d'avoir enfin réalisé son rêve, et l'adulte que je suis est si fière du chemin parcouru, de tout cet investissement sur moi-même qui m'a permis d'en arrivé là.


Alors non, je ne suis pas plus bénévole à la croix rouge, qu'au resto du cœur. La rebelle en moi avait envie d'un truc un peu moins banal. Ne vous méprenez pas, il faut des bénévoles dans ces associations qui sont extrêmement importantes, mais ce n'est pas ce qui me faisait vibrer. Je suis bénévole dans une association dont je ne peux pas dire le nom. Moins j'en dis, mieux c'est pour ma famille. Ça fait classe ça, non ?! Je suis sure que vous vous dites que j'ai intégré les agents secrets!


Bon, je suis obligé de casser l'image tellement chic que vous êtes en train de vous faire de moi et de vous dire que je corresponds bénévolement avec des personnes incarcérées.

C'est vraiment quelque chose qui m'amine. Vous devez commencer à le savoir, j'aime écrire, ces correspondances épistolaires sont une véritable source de plaisir pour moi.

Mais j'aime aussi profondément l'humain, connaître son histoire de vie, comprendre

comment il en est arrivé là, comment il se sent et pourquoi pas apporter ma touche de thérapeute et l'aider à se sentir mieux. Tout comme je suis convaincu que les punitions d’exclusion ne sont pas efficace pour l'enfant, je suis convaincu qu'il en est de même

pour les adultes. Bien évidemment certains doivent être exclus de la société, non pas par

punition mais pour protéger la population. Mais je sais dans mon for intérieur qu'un accompagnement psychologique, un véritable travail sur soi, permettrait d'éviter les récidives. Je ne juge jamais quelqu'un qui fait du mal. Je suis dans l'empathie pour cet être en souffrance. Car oui, lorsque nous faisons du mal à l'autre, c'est aussi à nous même que nous en faisons.



Alors voilà, jeune Morgane avec les yeux qui brillent, aujourd'hui à bientôt 32 ans, je suis devenu bénévole, et je sens à quel point cela te réjoui.







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